Karine Ramos.

Avant d'être architecte de Cabinet, j'ai traversé ce que mes clientes traversent.

Le premier commencement

Ma première activité professionnelle, je l'ai créée il y a une vingtaine d'années. Une entreprise de prêt-à-porter pour femmes de soixante-dix ans et plus. Je me déplaçais de club sénior en club sénior, à Toulouse et autour, ma collection dans la voiture. J'organisais des goûters. Je présentais, je vendais.

Ce que je n'avais pas prévu : au bout d'un moment, ces femmes ne venaient plus seulement pour la collection. Elles se confiaient. Les rendez-vous sont devenus autre chose. Sans que je sache encore quoi.

Puis je suis tombée enceinte. Je pensais travailler jusqu'à l'accouchement. Je me suis retrouvée hospitalisée à six mois. Personne pour prendre le relais. J'ai dû fermer.

La révélation du métier

Plusieurs années plus tard, j'ai ressenti le besoin de revenir à une activité professionnelle. J'ai volontairement pris le temps d'en chercher une qui corresponde à là où j'en étais.

J'ai compris que je devais me servir de ce que mes clientes séniors m'avaient appris sans le savoir : l'écoute patiente, la présence qui laisse venir, la confiance qui s'installe dans la durée.

Un jour, en cherchant, j'ai découvert la sophrologie. Ça a été une évidence. J'ai trouvé une formation, un professeur que je n'oublierai pas, et une année entière où je n'ai jamais eu l'ombre d'un doute sur ce que je faisais.

En 2012, j'ai ouvert mon cabinet. Sans peur. Comme une évidence.

La décennie de construction

Pendant les années qui ont suivi, j'ai accompagné. Et en parallèle, je me suis formée en continu, pendant plus de quatorze ans. Chaque nouvelle formation venait nourrir ma pratique, élargir ma manière d'écouter, préciser ma manière de voir.

J'avais besoin de me nourrir intellectuellement pour grandir intérieurement. Chaque outil nouveau devenait une pièce de plus de ce que je savais faire. Sans que je mesure encore qu'une méthode était en train de se déposer, par accumulation, pas par rupture.

La traversée

À un moment, mon activité m'a laissé une incomplétude que je n'arrivais pas à nommer. J'ai cru que je devais me tourner vers autre chose. Je suis sortie de mon cabinet.

J'ai choisi de retourner à ce que je pensais être mon axe fort : la vente, la communication, le contact. J'ai enchaîné les expériences, assurance, cosmétique, boulangerie-pâtisserie.

Ça a été une succession de fiascos.

Jusqu'à cette période, je vivais avec une conviction qui ressemblait à une doctrine : tout le monde est beau, tout le monde est gentil. L'assurance a fait voler ça en éclats. J'y ai découvert la crise de panique. L'humiliation. La dépression. Des choses que je ne croyais pas possibles dans le monde du travail.

La boulangerie-pâtisserie a été la dernière épreuve. Un affrontement avec une collègue. Un poignet fracturé. Un licenciement. Et enfin : le stop.

J'ai choisi le silence. J'ai pris le temps. J'en avais besoin pour me reconstruire.

Karine Ramos

Ce que la traversée a changé

J'en suis sortie autrement. Pas guérie d'une parenthèse, transformée par elle.

J'ai compris que toutes les personnes n'expriment pas leur part de lumière, et que certaines ne la manifesteront jamais. Cette conviction, que je n'aurais pas pu tenir avant, est devenue le socle qui me permet aujourd'hui de filtrer, d'orienter, de dire non sans m'excuser.

Mes quatorze années de formation continue et de pratique avaient installé ma méthode sans que je le sache. Ma traversée a installé ma posture. Les deux ensemble font Le Cabinet.

Ce n'est pas un concept. C'est ce qui a émergé de fractures que je connais, pour les avoir traversées avant d'apprendre à les nommer chez d'autres.

Aujourd'hui

Je suis ma voie. Je ressens ma voie. Je m'écoute et j'ose vivre à contre-courant du système, sans me cacher.

J'assume mon rythme. Je dis non quand c'est non et oui quand c'est oui. Je n'accepte plus de travailler en me trahissant.

C'est dans cet état que je reçois aujourd'hui celles qui viennent au Cabinet. Jamais moins. Jamais en me trahissant.

Je ne reçois pas toutes les femmes qui me contactent. Je reçois celles pour qui c'est le bon moment, et pour qui je suis la bonne personne. La Séance Fantôme sert à savoir ça.